Apprendre le parachutisme, c'est passer du statut de passager en tandem à celui de parachutiste qui saute seul, ouvre sa voile et choisit son atterrissage. Bonne nouvelle : aucune expérience n'est nécessaire pour commencer. Deux méthodes y mènent, la PAC (l'AFF des pays anglophones) et la méthode traditionnelle, et toutes deux aboutissent au brevet A de la FFP : 12 sauts minimum, dont 5 en solo. Voici la carte complète, telle que nos moniteurs la dessinent pour les élèves qui arrivent à Béni Mellal, avec les étapes, les délais, les conditions et la meilleure saison pour se lancer. Le jour où vous ouvrez vous-même votre voile à 1 500 m, au-dessus de la plaine du Tadla, vous ne l'oublierez jamais.

Comment apprendre le parachutisme ? Les 5 étapes

On apprend le parachutisme en cinq étapes claires, et chacune vous rapproche du ciel : une formation au sol, un premier saut encadré, des sauts de progression jusqu'au solo, des sauts de consolidation, puis la validation du brevet A. Avec la PAC, le solo arrive dès le 7e saut si chaque niveau est validé du premier coup ; le brevet A demande au moins 12 sauts.

  1. La formation au sol. Équipement, position de chute, sortie d'avion, lecture de l'altimètre, ouverture, procédures d'urgence, pilotage de la voile et atterrissage. Vous répétez chaque geste jusqu'au réflexe.
  2. Le premier saut. En PAC, vous sautez avec votre propre parachute, tenu par deux moniteurs, et vous ouvrez vous-même. C'est le niveau 1, celui de la PAC découverte.
  3. La progression jusqu'au solo. Stabilité, contrôle de l'axe, virages, puis le « lâcher » : les moniteurs vous laissent voler seul sous leur regard. La FFP impose au moins 6 sauts accompagnés avant le niveau 4, votre premier saut sans moniteur en chute.
  4. La consolidation. Des sauts seuls, toujours programmés et débriefés par un moniteur, pour rendre vos gestes automatiques et ajouter une compétence à chaque saut.
  5. Le brevet A. La validation de compétences précises en chute, sous voile et en théorie. C'est votre premier diplôme d'autonomie.

Chaque étape est détaillée plus bas. Le contenu de chaque niveau, saut par saut, fait l'objet de notre article sur les niveaux PAC.

Les deux voies pour apprendre : PAC/AFF ou méthode traditionnelle

Sur le fond, toutes les écoles sérieuses enseignent les mêmes gestes : tenir une position stable, surveiller son altitude, ouvrir à la bonne hauteur, piloter sa voile et atterrir en sécurité. Ce qui change, c'est l'ordre dans lequel vous les apprenez, et donc la vitesse à laquelle vous goûtez à la vraie chute libre.

La PAC (Progression Accompagnée en Chute), ou AFF

La PAC est la méthode de la Fédération française de parachutisme (FFP), équivalente à l'AFF (Accelerated Freefall) des écoles américaines, britanniques, espagnoles ou portugaises. Dès le premier saut, vous partez de haut, avec votre propre parachute, tenu par deux moniteurs qui chutent à vos côtés. Vous vivez une vraie chute libre, vous lisez votre altimètre et c'est vous qui ouvrez, au plus tard à 1 500 m.

Selon la directive technique n° 49 de la FFP (version du 27 mars 2026), la PAC compte quatre niveaux, avec un départ à 3 000 ou 3 500 m minimum selon le niveau. Au PACMA, chaque saut part d'environ 4 000 m : près de 50 secondes de chute libre pour dérouler votre programme sans vous presser.

La méthode traditionnelle (ouverture automatique)

Dans la méthode dite « traditionnelle » (OA, ou static line en anglais), votre parachute s'ouvre automatiquement grâce à une sangle reliée à l'avion. Le largage se fait plus bas, à 1 000 m minimum selon la FFP, et il n'y a pas de chute libre au début. La progression est plus graduelle :

  1. sortie stable en ouverture automatique ;
  2. simulation de l'ouverture (« poignée témoin ») en gardant la position ;
  3. ouvertures retardées, avec 10 secondes de chute au maximum ;
  4. chute à vitesse terminale avec contrôle de l'axe et de l'altitude ;
  5. maîtrise d'un déséquilibre volontaire et de sorties variées.

Chaque niveau se valide par deux exercices réussis consécutivement. Le niveau 5 de la méthode traditionnelle ouvre l'accès au brevet A, comme le niveau 4 de la PAC.

Comparatif des deux méthodes

CritèrePAC / AFFMéthode traditionnelle (OA)
Altitude du premier saut3 000 m minimum (environ 4 000 m au PACMA)1 000 m minimum
Chute libre au premier sautOui, environ 50 s depuis 4 000 mNon, ouverture immédiate
Encadrement en chute2 moniteurs au niveau 1, puis 1Moniteur à bord qui largue
Sauts jusqu'au soloAu moins 7 (6 accompagnés + solo)Généralement davantage
Coût par sautPlus élevé (moniteurs en chute)Plus modéré
Rythme typiqueStage concentréSouvent étalé sur des week-ends
Pour qui ?Ceux qui veulent la chute libre tout de suite et un apprentissage concentréCeux qui préfèrent découvrir d'abord la voile ou étaler leur budget

Notre avis de moniteurs : la PAC est la voie la plus répandue pour les adultes qui veulent apprendre vite, parce que chaque saut offre une vraie chute libre à travailler. La méthode traditionnelle reste excellente, mais moins d'écoles la proposent. Au PACMA, nous formons en PAC. Et si vous hésitez encore à sauter seul, le tandem est une superbe première approche : la chute libre, sans responsabilité technique, pour goûter à la sensation avant de vous lancer.

Le parcours en détail : du sol au brevet A

ÉtapeCe que vous faitesRepère FFP
1. Formation au solÉquipement, position, sortie, altitude, ouverture, secours, voile, atterrissageAvant le premier saut
2. Premier saut PACChute libre tenue par deux moniteurs, ouverture par vous-mêmeNiveau 1
3. Sauts de progressionStabilité, axe, virages, lâcherNiveaux 2 et 3, au moins 6 sauts accompagnés au total
4. Le soloPremier saut sans moniteur en chuteNiveau 4
5. Consolidation et brevet ASauts seuls, compétences en chute et sous voile, théorie12 sauts minimum, dont 5 en solo

La formation au sol

C'est l'étape fondatrice, celle qui vous donne confiance. Vous apprenez la position de chute cambrée, la lecture de l'altimètre et l'enchaînement de l'ouverture, puis les procédures d'urgence : que faire si la voile est emmêlée ou s'ouvre mal, comment libérer la voilure principale et tirer le secours. Vous les répétez au sol jusqu'à ce qu'elles deviennent des réflexes. Viennent ensuite le circuit d'atterrissage, les priorités sous voile et l'arrondi. Comme le prévoit la FFP, chaque parachute élève est équipé d'un déclencheur de sécurité, qui ouvre le secours automatiquement si nécessaire.

Les sauts de progression

Chaque saut se prépare au sol avec votre moniteur et se termine par un débriefing, qui fixe l'objectif suivant : vous progressez à chaque saut, et vous le voyez. Un niveau à refaire fait partie de l'apprentissage : on le recommence, souvent avec une consigne simplifiée, et vous profitez d'un saut de plus. C'est fréquent, surtout au niveau 2, et cela ne dit rien de votre talent. Prévoyez simplement dans votre budget qu'un saut refait se paie en plus.

Du solo au brevet A

Le solo marque la fin de la PAC, et le début d'une belle aventure. Pour le brevet A de la FFP, il faut totaliser au moins 12 sauts en chute, dont au moins 5 en solo, et valider des capacités précises : des tours à plat dans les deux sens, une orientation à 90° par rapport à l'axe de largage, une « flèche » tenue cinq secondes, une sortie en équilibre, ainsi que des exercices sous voile (décrochage, virages, atterrissage sans aide). Ailleurs, les seuils diffèrent : 25 sauts en chute libre pour la licence A de l'USPA, 18 sauts au minimum pour celle de British Skydiving. Les équivalences sont détaillées dans notre guide des brevets de parachutisme A, B, C, D, et la phase de consolidation dans l'article après le PAC.

Quelle fédération vous concerne ? Vos brevets dépendent de la fédération du pays où vous vous formez et, plus tard, de celle où vous sautez. En France, c'est la FFP ; au Royaume-Uni, British Skydiving ; aux États-Unis, l'USPA ; ailleurs, la fédération nationale, qui délivre aussi les certificats internationaux de la FAI. Une formation suivie à l'étranger se reprend chez vous sur présentation de votre carnet de sauts : parlez-en à votre école avant de partir.

Combien de temps faut-il pour devenir parachutiste ?

Avec la PAC, il faut au minimum 7 sauts pour arriver au solo et 12 pour le brevet A de la FFP. En stage concentré, la phase PAC peut tenir en quelques jours : Skydive Empuriabrava, en Espagne, annonce environ 5 à 7 jours selon la météo. Étalée sur des week-ends, elle peut prendre plusieurs mois.

Stage concentréWeek-ends en club
Régularité des sautsPlusieurs jours de suiteDépend de la météo de chaque week-end
Mémorisation des gestesExcellente, tout est fraisRévisions nécessaires entre deux sessions
Coûts annexesVoyage et hébergementTrajets répétés jusqu'au terrain
Risque météoConcentré : prévoir une margeDilué, mais chaque week-end perdu retarde tout

Le stage concentré a un avantage pédagogique net : quand vous sautez plusieurs jours de suite, le geste appris la veille est encore dans votre corps, et vous progressez à grande vitesse. À l'inverse, plusieurs semaines sans sauter obligent souvent à refaire un briefing complet, parfois un saut de reprise.

Notre conseil : gardez de la marge dans votre séjour. Ce sont la météo et votre progression qui fixent le rythme, pas un planning figé. Un jour de vent devient un jour utile (révision des procédures, préparation des sauts suivants), et au PACMA un saut que la météo empêche se reporte gratuitement : vous ne perdez rien. Pour comparer les destinations de stage, lisez notre comparatif du stage PAC à l'étranger en hiver.

Faut-il être sportif ? Âge, condition physique et visite médicale

Non, et c'est une excellente nouvelle : une condition physique normale suffit. Il faut pouvoir porter l'équipement jusqu'à l'avion, tenir une position cambrée pendant la chute et encaisser un atterrissage. Pour la PAC, une visite médicale agréée FFP de moins de trois mois est obligatoire, avec une licence-assurance fédérale. Les mineurs ont besoin d'une autorisation parentale.

Âge

L'âge minimum dépend de la fédération et de l'école ; la règle appliquée au PACMA est indiquée sur la page de la formation PAC. Il n'y a pas d'âge maximum de principe : c'est l'avis médical qui compte.

Condition physique

Inutile d'être un athlète pour devenir parachutiste. Une bonne souplesse du dos aide beaucoup pour la cambrure, et des jambes solides pour l'atterrissage, qui se fait le plus souvent debout ou en glissade. Signalez votre poids et votre taille à la réservation : le matériel élève doit être adapté à votre gabarit, et c'est le directeur technique qui valide.

Visite médicale

Pour la PAC et le stage, il faut une visite médicale agréée FFP de moins de trois mois. Si vous n'en avez pas, le médecin du club peut vous examiner sur place (200 MAD).

Licence et assurance

Une licence-assurance fédérale est obligatoire pour sauter en élève dans un club de la FFP. Au PACMA, elle se souscrit sur place, en plus du prix de la formation.

Langue des cours

Comprendre parfaitement chaque consigne est une question de sécurité, pas de confort. Où que vous vous formiez, demandez dans quelle langue se feront le briefing et la formation au sol avant de réserver, et signalez votre langue au club au moment de la réservation.

Apprendre le parachutisme à 40 ou 50 ans, c'est possible ?

Oui, absolument ! Il n'y a pas d'âge maximum de principe pour apprendre : ce qui compte, c'est la visite médicale agréée FFP de moins de trois mois, puis votre capacité à tenir la position et à atterrir. À 40 ou 50 ans, on a souvent ce qui manque à 20 ans : le temps, le budget et la patience.

Nos moniteurs donnent trois conseils aux élèves qui commencent plus tard :

  • Préparez votre dos et vos jambes. Quelques semaines d'assouplissement (gainage, extension du dos) et de renforcement des cuisses rendent la position de chute et l'atterrissage plus confortables.
  • Parlez franchement au médecin. Antécédents de dos, de genoux, traitement en cours : c'est lui qui décide, et il vaut mieux tout dire avant que pendant.
  • Choisissez un rythme concentré. Avec l'âge, la mémoire des gestes se travaille mieux en sautant plusieurs jours de suite qu'en espaçant les sauts de plusieurs semaines.

Le reste est une affaire de concentration et de respect des consignes, et l'expérience de la vie est souvent un vrai atout. Il n'est jamais trop tard pour réaliser ce rêve.

Quand votre école est fermée l'hiver : que faire ?

Si votre centre ferme ou tourne au ralenti entre novembre et mars, transformez l'hiver en opportunité. Vous avez trois options : partir faire votre stage au soleil, préparer votre position en soufflerie près de chez vous, ou attendre le printemps. La première est la plus efficace : vous rentrez avec votre PAC, voire votre brevet A, quand votre club rouvre, et une longueur d'avance pour toute la saison.

En Europe du Nord, l'hiver, ce sont des jours courts, des plafonds bas et des terrains détrempés. C'est pourtant le meilleur moment pour se former, à condition de partir au sud :

  • La continuité. Un stage d'hiver vous fait sauter jour après jour, sans les coupures qui ralentissent l'apprentissage.
  • La disponibilité d'esprit. En vacances, loin du travail, vous êtes entièrement concentré sur votre progression.
  • Le calendrier. Formé en hiver, vous arrivez au printemps prêt à sauter dans votre club dès sa réouverture.
  • Le décor. Un ciel d'hiver souvent dégagé, une grande zone d'atterrissage et, à Béni Mellal, la vue sur les sommets enneigés du Moyen Atlas.

Deux conseils pour en profiter pleinement. Gardez de la souplesse dans votre planning : le vent et les nuages peuvent suspendre les sauts une journée, partout dans le monde, et les élèves sautent avec un vent au sol jusqu'à 7 m/s tant que le module « voile » du brevet A n'est pas validé. Et équipez-vous pour l'altitude : à 4 000 m en janvier, l'air est frais, et des gants fins et des couches thermiques sous la combinaison vous gardent bien au chaud.

Apprendre au Maroc avec le PACMA : PAC découverte (500 €) ou stage PAC (1 300 €)

Chez nous à Béni Mellal… Le Parachute Air Club du Maroc a été fondé en 2000 et saute à l'aéroport de Béni Mellal depuis 2003, au pied du Moyen Atlas. C'est un club agréé par la Fédération française de parachutisme (FFP) : formation PAC et brevets FFP, moniteurs qualifiés, déclencheur de sécurité sur chaque parachute, décisions météo prises par le directeur technique. Un Pilatus PC-6 Porter emmène 9 parachutistes à environ 4 000 m en 15 à 20 minutes.

Pour la saison 2026-2027, le terrain est ouvert tous les jours, de 8 h 30 à 18 h, du 5 décembre 2026 au 4 avril 2027 : quatre mois pour apprendre au soleil, face à l'Atlas. Deux façons de commencer :

FormuleContenuNon-résidentsRésidents au MarocGroupe (≥ 10 pers.)
PAC découverteFormation au sol + niveau 1, avec 2 moniteurs500 €6 000 MAD5 000 MAD
Stage PACFormation au sol + 7 sauts encadrés, du niveau 1 au solo1 300 €14 200 MAD13 200 MAD
  • Commencez par la PAC découverte si vous voulez d'abord vous tester : la formation au sol et un vrai premier saut en chute libre depuis 4 000 m, tenu par deux moniteurs. Vous décidez ensuite, à froid.
  • Réservez directement le stage PAC si votre décision est prise : c'est le chemin le plus direct vers votre premier solo, avec un ou deux moniteurs en chute selon le niveau, et la préparation et le débriefing de chaque saut.

À ajouter au budget : la visite médicale si vous n'avez pas de certificat, la licence-assurance souscrite sur place, le logement et le repas de midi sous la tente caïdale en bord de piste (70 MAD). Le calcul complet jusqu'au brevet A, poste par poste, est dans notre article sur le prix du brevet de parachutisme.

Côté accès, comptez 2 h de route depuis l'aéroport de Casablanca et 2 h 30 depuis Marrakech. Pour un stage, le plus agréable est de s'installer sur place et de vivre au rythme de la dropzone. Vos proches sont les bienvenus sur le terrain pour vous voir atterrir, et partager votre fierté.

Prêt à passer de spectateur à parachutiste ? La saison ouvre le 5 décembre : choisissez votre premier jour et réservez votre stage PAC. Dans quelques jours, c'est vous qui ouvrirez votre voile au-dessus de la plaine du Tadla.

La soufflerie, un accélérateur ?

Oui, pour un point précis : la position. Quelques minutes de soufflerie (tunnel vertical) aident à comprendre comment le corps réagit à l'air, à stabiliser sa cambrure et à travailler les virages sans la pression de l'altitude. Elle ne remplace ni la sortie d'avion, ni l'ouverture, ni le pilotage de la voile.

Certaines écoles l'intègrent d'ailleurs à leur cursus : Skydive Empuriabrava, en Espagne, affiche une formule « PAC PLUS » avec 15 minutes de soufflerie à 2 199 €, contre 2 099 € pour la PAC classique (prix publics constatés le 18 octobre 2026).

La soufflerie complète la formation, elle ne la remplace pas. Elle est particulièrement utile avant un stage si vous êtes anxieux, ou si un niveau de stabilité vous résiste. Les différences entre les deux expériences sont détaillées dans notre article soufflerie ou vrai saut en parachute.